La Palestine, laboratoire de l'armement israélien

Auteur

Guillaume Gamblin

Année de publication

2014

Cet article est paru dans

170.jpg

Une enquête de quatre ans et un documentaire autour des tests grandeur réelle des armes israéliennes sur les territoires occupés expliquent comment Israël arrive si bien à vendre ses armes. La communauté internationale serait le seul espoir pour faire pression mais en réalité, les plus puissants sont directement impliqués dans ce marché...

Les territoires occupés en Cisjordanie sont devenus un laboratoire vivant pour tester des armes et pour développer des technologies de pointe appliquées aux guerres urbaines. Yotam Feldman, jeune réalisateur israélien, a réalisé en 2013 un film nommé The Lab (Le laboratoire) pour lequel il a mené durant quatre ans une enquête auprès de généraux, marchands d’armes, instructeurs militaires qui dévoilent leurs visions de la politique militaire d’Israël. Si les armes israéliennes se vendent si bien, estiment-ils, c’est parce que les acheteurs savent qu’elles ont été testées en grandeur réelle par l’armée dans les territoires occupés palestiniens. Cet état de fait leur sert d’argument publicitaire. On suit les protagonistes dans leurs tournées commerciales en Amérique Latine ou au salon de l’armement parisien Eurosatory.

Pour le réalisateur, la résistance populaire et militante des Palestiniens, alliée à la pression internationale, peut seule être plus forte que cette puissance militaire. Optimiste, il cite l’exemple de l’Afrique du Sud. Feldman insiste sur la connexion étroite entre l’industrie, l’armée et l’État en Israël.

Sait-on qu’environ 20 % du budget militaire d’Israël vient des États-Unis? Que l’Allemagne donne à Israël des armes et des sous-marins? Que la France achète et vend des armes à ce pays ?

Le même film dévoilant avec une certaine transparence les rouages du commerce des armes, ne serait certainement pas possible en France, conclut Patrice Bouveret de l’Observatoire des armements. De quoi faire réfléchir... et lutter pour appliquer de toute urgence la campagne Boycott- Désinvestissement-Sanction (BDS) à ce domaine meurtrier. 

 

Bande-annoncehttps://vimeo.com/65082874 - Sous-titres : « Quand Israël vend une arme, elle a déjà été expérimentée, utilisée. (...) C’est pour cela que la demande est si forte. (...) Ça rapporte des milliards de dollars au pays. » Général Binyamin Ben-Eliezer - Ministre du Commerce et de l’Industrie (2009-2011)


Article écrit par Guillaume Gamblin.

Article paru dans le numéro 170 d’Alternatives non-violentes.