Auteur

Manuel Cervera-Marzal

Localisation

France métropolitaine

Année de publication

2017

Cet article est paru dans

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Le 8 août dernier, Cédric Herrou a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour aide à l’immigration clandestine. Le paysan de la vallée de la Roya, qui héberge et nourrit plusieurs centaines de migrants, subit des procès et des perquisitions incessantes.

Pourquoi la justice s’acharne-t-elle sur lui ? Parce qu’il aide celles et ceux que l’État français préfère expulser par charters, parce qu’il traite comme des personnes humaines celles et ceux que l’État traite comme des déchets à trier ou des dangers à endiguer.

À l’heure où ses détracteurs l’assimilent à un passeur, à un profiteur de misère, faut-il encore rappeler que Cédric Herrou agit de façon désintéressée (sa seule contrepartie est de pouvoir se regarder dans la glace) et publique (il assume pleinement ses actes et en informe les autorités) ?

Autant dire que si procès il doit y avoir, c’est l’État qui devrait être sur le banc des accusés, pour violation de sa propre loi et des conventions internationales qu’il a ratifié, puisque l’État reconduit à la frontière des migrants empêchés de déposer leur demande
d’asile et des mineurs en détresse qu’il devrait accueillir.

Pour aller plus loin:

- Cervera-Marzal Manuel, « Cédric Herrou a été condamné plus pour la visibilité de ses idées que pour l’illégalité de son action », Le Monde des idées, 10/08/17.

- Jeanticou Romain, Entretien avec Manuel Cervera-Marzal, "La désobéissance civile de Cédric Herrou incarne la conception vivante de la démocratie", 16/08/17.

- Vidéo "Migrants: Cédric Herrou "vient se substituer aux autorités" pour le sociologue Manuel Cervera Marzal"


Article écrit par Manuel Cervera-Marzal.

Article paru dans le numéro 184 d’Alternatives non-violentes.