Les États généraux de la migration

Auteur

Violaine Carrere

Année de publication

2018

Cet article est paru dans

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Parmi les effets des « défaillances » des pouvoirs publics en matière d’accueil des migrants, on note ce paradoxe : 
là où sont apparus des campements, là où l’État a ouvert des structures d’hébergement, souvent avec la volonté de disperser les personnes, de les rendre moins visibles, des citoyens ont découvert, près de chez eux, des personnes confrontées aux absurdités de l’administration, à de la violence institutionnelle, à de véritables dénis de droits. De ces rencontres, de ces prises de conscience, sont nées des collectifs, des réseaux, inventant des formes de soutien aux migrant·e·s, allant de l’humanitaire pur à l’action politique…

En juin 2017, un Appel à un changement radical de politique migratoire en Francea été signé par près de 500 organisations, 
demandant au président de la République une grande conférence nationale sur le sujet. Face au silence de l’Élysée, une centaine de ces organisations ont décidé en octobre de lancer elles-mêmes des États généraux des migrations (EGM). Conçus comme un processus plutôt qu’une échéance, ces États généraux ont tout de suite suscité, un peu partout en France, l’organisation d’assemblées locales, où l’on débat, recense les effets des politiques migratoires, s’accorde sur des revendications.

L’un des objectifs est justement de mettre en lumière ces acteurs de terrain, tous ces anonymes qui se montrent solidaires des migrants, une « autre France » que celle dont parlent les responsables politiques et les médias, trop souvent plus empressés de surfer sur les inquiétudes, la frilosité, voire la xénophobie, que d’user de pédagogie…

La première étape des EGM aura lieu les 26 et 27 mai 2018 : une assemblée plénière fera la synthèse des « cahiers de doléances » des régions. Et sans doute la promotion d’une toute autre politique migratoire.

Pour en savoir plus : eg-migrations .org


Article écrit par Violaine Carrere.

Article paru dans le numéro 186 d’Alternatives non-violentes.