Enfin ! Une formation à la non-violence dans l'université française

Auteur

François Marchand

Année de publication

2017

Cet article est paru dans

182.jpg

C’est quasiment une première en France : alors que, depuis de très nombreuses années, beaucoup d’universités étrangères1 ont développé des recherches et des formations sur la non-violence, les universitaires et chercheurs français semblent avoir peur d’aborder ces domaines2.

Il a fallu l’extrême détermination et le courage de Samuel Mayol, directeur de l’IUT de ST Denis (Université Paris XIII) pour pouvoir lancer cette formation en février 2017; depuis 2015, Samuel Mayol a mené un combat non-violent et victorieux pour la laïcité et contre la corruption issue de la mouvance salafiste dans son établissement soutenue contre toute logique par le président de l’Université Paris XIII (non réélu en mars 2016); le directeur et d’autres personnels de l’IUT ont dû faire face aux menaces de mort, aux agressions physiques et subir les mesures administratives. Le combat non-violent est ainsi devenu une réalité concrète à l’IUT et ce projet de formation, antérieur à l’affaire, s’y impose aujourd’hui de lui-même.

Concrètement, cette formation est constituée de 6 modules d'1 heure ½ en février et mars 2017, complétés par un colloque le 23 mars ; elle est animée par une équipe mixte composée d’universitaires de Paris XIII et de formateurs non-violents (IFMAN et MAN, ANV-Cop21, IRNC) et aborderont les problématiques des gestions non-violentes des conflits.

Début janvier 2017, au moment où j’écris ces lignes, il y avait déjà 76 étudiants de l’IUT inscrits à cette formation qui s’intégrera à leur cursus ; les modules sont ouverts aux étudiants de Paris XIII et aux auditeurs libres. L’inscription est obligatoire.

Cycle de Formation : Non-violence et citoyenneté

6 modules (à partir du 02 février) :

  • la régulation non-violente des conflits
  • les conséquences de la violence terroriste
  • la gestion des émotions
  • les violences au travail
  • les stratégies collectives et comportements individuels
  • les processus de résolution non-violente d'un conflit

Le colloque du 23 mars sur le thème : « La non-violence est-elle efficace ? » avec deux tables rondes rassemblant deux fois 3 intervenants et portant l’une sur l’approche générale (principes de la non-violence, pourquoi la résistance civile marche ?, la réhabilitation du conflit) et l’autre sur son application (gestion des conflits dans les services publics, prévention des violences dans le travail, régulation non-violente des conflits).

1. Harvard fût la première il y a 40 ans, mais beaucoup d’autres ont suivi aux USA, Leeds, Bradford, et d’autres au Royaume Uni, Barcelone en Espagne, en Suède ; au Pays-Bas, en Belgique, Allemagne, Italie, etc…

2. Citons toutefois trois initiatives en France: dans les années 90, Jean-Marie Muller donnait un cours à l’Institut d’Études politiques de l’Université de Lyon; Christian Renoux propose depuis des années un cours sur l’histoire des mouvements non-violents (1890-1990) à l’Université d’Orléans et Cécile Dubernet propose depuis plusieurs années un cours en anglais sur la non-violence dans la discipline des relations internationales à l’Institut Catholique de Paris.


Article écrit par François Marchand.

Article paru dans le numéro 182 d’Alternatives non-violentes.