Construire une culture de non-violence

Auteur

Jean-Marie Muller

Année de publication

2014

Cet article est paru dans

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La violence est la matière première de l’actualité. Les actes de violence font chaque jour la une des médias. Les informations qui nous sont données sur la Corse n’échappent pas à cette règle désastreuse. Ainsi la Corse serait une terre de violence.

Manuel Valls s’est lui-même efforcé de crédibiliser cette image déformée. Le 6 mai 2013, le ministre de l’Intérieur déclarait sur France Inter : « La violence est profondément enracinée depuis des décennies dans la culture corse. » À Ajaccio, le lundi 4 juin, il est revenu sur ses propos. « Je dis que la culture corse est prisonnière de cette violence. »

En réalité, la culture corse, comme toutes les autres cultures, comporte des éléments qui incitent à la violence et d’autres qui invitent à la non-violence. Dès lors, le défi pour la communauté corse, comme pour chaque communauté, est de revisiter sa propre culture et de discerner en elle, d’une part, tout ce qui légitime et honore la violence contre l’autre homme, et, d’autre part, tout ce qui demande que l’autre homme soit reconnu et respecté. Ce double discernement fera apparaître une double exigence : une exigence de rupture avec tous les éléments d’idéologie qui justifient le meurtre dès lors qu’il prétend servir une cause juste ; et une exigence de fidélité aux « valeurs » qui confèrent à l’homme dignité, grandeur et noblesse.


Apprendre la langue de la non-violence


C’est ainsi que la tradition des « paceri », des « faiseurs de paix », dont aime à parler Jean-François Bernardini, est certainement plus profondément enracinée dans la culture corse que la violence qui fait trop souvent l’actualité.

La langue est l’expression de la culture d’une société. Or, nous n’avons pas appris à parler la langue de la non-violence. Les mots nous manquent pour penser et dire la non-violence. Le mot même de non-violence pose une question à laquelle nous ne sommes pas sûrs de savoir répondre.

Il existe un lien essentiel entre le mot juste, la pensée juste et l’action juste. L’action est l’aboutissement et la réalisation de la philosophie, c’est-à-dire de la sagesse ; elle est l’attitude par laquelle l’homme-philosophe — c’est-à-dire l’homme raisonnable amoureux de la sagesse — affirme sa présence aux autres. L’engagement dans l’action en faveur des droits de l’être humain ne peut être compris comme une matière à option de la philosophie, il en constitue une matière obligatoire, greffée sur la sagesse pratique. L’impasse sur cette matière est éliminatoire. À quoi pourraient servir les plus belles pensées et les plus beaux discours qui vantent l’éminente dignité de l’homme, s’ils n’étaient pas, non seulement annonciateurs, mais porteurs de dignité pour tout être humain, pour tous les êtres humains ? Comme malgré lui, mais non pas à contrecœur, le sage est un militant requis : il est embarqué… Sa fuite, s’il se dérobe, s’apparente à une désertion. 

 

Choisir entre la lâcheté, la violence et la non-violence


La culture de l’Occident est dominée par l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable qui fait apparaître la violence comme la vertu de l’homme responsable qui a le courage de prendre des risques pour lutter contre l’injustice et défendrela liberté. Dès lors, la non-violence est considérée comme la faiblesse de l’homme lâche qui renonce à lutter et se résigne à subir le joug des oppresseurs et pactise par avance avec les agresseurs. Ce que Gandhi a montré par la parole et qu’il a démontré par l’action, c’est que, si la violence est préférable à la lâcheté, la non-violence est une attitude plus courageuse que la violence. « Je crois vraiment, affirme-t-il en 1920, que là où il n’y a que le choix entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence. (…) Mais je crois que la non-violence est infiniment supérieure à la violence. (…) La non-violence est la loi de l’espèce humaine comme la violence est celle de la brute. L’esprit est assoupi chez la brute et celle-ci ne connaît d’autre loi que la force physique. La dignité de l’homme réclame de lui l’obéissance à une loi supérieure — à la puissance de l’esprit 1 . » Cette réflexion de Gandhi est fondamentale. L’idéologie de la violence exerce un véritable chantage sur les citoyens en les accusant à l’avance d’être lâches s’ils refusent d’être violents. Gandhi nous fait sortir de ce choix bipolaire entre la lâcheté et la violence. Il introduit un troisième terme : face à l’injustice, l’homme n’a pas le choix entre la lâcheté et la violence, mais entre la lâcheté, la violence et la non-violence.


Un « non » de résistance


Il a souvent été dit que le mot « non-violence », parce qu’il est négatif, était mal choisi et entretenait par lui-même de nombreuses ambiguïtés. En réalité, le mot « non-violence » est décisif par sa négativité même, car il permet, et lui seul, de délégitimer la violence. Il est le terme le plus juste pour exprimer ce qu’il veut signifier : le refus de tous les processus de légitimation et de justification qui font de la violence un droit de l’homme. Si le mot « non-violence » est formellement négatif, il ne signifie pas que la non-violence est la négation de la violence, mais qu’elle se trouve dans un rapport d’opposition réelle à la violence, c’est-à-dire que sa visée est d’en détruire les causes et les conséquences. Le non que la non-violence oppose à la violence est un non de résistance. En définitive, la non-violence n’est pas tant le refus de la violence que la lutte contre la violence.
 

Gandhi a offert à l’Occident le mot « non-violence » en traduisant le mot sanscrit ahimsa. Celui-ci est employé dans les textes de la littérature hindouiste, jaïniste et bouddhique. Il est formé du préfixe négatif a et du substantif himsa qui signifie le désir de nuire, de faire violence à un être vivant. L’ahimsa est donc l’apprivoisement, la maîtrise et le renoncement au désir de violence qui est en l’homme et qui le conduit à vouloir écarter, exclure, éliminer, meurtrir l’autre homme. Lorsqu’il tente de définir la non-violence, Gandhi énonce d’abord cette proposition toute négative : « La non-violence parfaite est l’absence totale de mal-veillance à l’encontre de tout ce qui vit. » Ce n’est qu’ensuite qu’il affirme : « Sous sa forme active, la non-violence s’exprime par la bienveillance à l’égard de tout ce qui vit 2 . »

La non-violence est pour Gandhi un principe : « Je crois, affirme-t-il, dans le principe de non-violence 3 . » Elle est, selon lui, le principe même de la recherche de la vérité et il affirme sans détour qu’elle est le seul chemin qui conduit l’homme vers la vérité. « La non-violence et la vérité, écrit-il, sont si étroitement enlacées qu’il est pratiquement impossible de les démêler et de les séparer l’une de l’autre. Elles sont comme les deux faces d’une même médaille ou plutôt d’un disque métallique lisse et sans aucune marque. Qui peut dire quel en est le revers et quel en est l’avers ? 4 »

Mais lorsque Gandhi affirme que « la vérité et la non-violence sont une seule et même réalité 5 », il ne se situe pas sur le registre de l’idéologie, mais sur celui de la philosophie, c’est-à-dire de la spiritualité, de la pensée et de la sagesse. Et en même temps que Gandhi affirme que la non-violence est la vérité de l’homme, il s’empresse de préciser que nul ne peut prétendre la « posséder ». C’est pourquoi Gandhi s’est toujours présenté comme un « chercheur de la vérité ».

L’histoire est là pour attester — et l’expérience le confirme tous les jours — que « la vérité » devient un vecteur de violence dès lors qu’elle n’est pas fondée sur l’exigence de non-violence. Car, si la vérité n’implique pas par elle-même la dé-légitimation radicale de la violence, alors il viendra toujours un moment où la violence apparaîtra naturellement comme un moyen légitime pour défendrela vérité. Seule, la reconnaissance de l’exigence de non-violence permet de récuser une fois pour toutes l’illusion, qui est précisément véhiculée par toutes les idéologies, de recourir à la violence pour défendre la vérité. Recourir à la violence pour défendre la vérité, c’est déjà avoir nié et renié la vérité.

 

Des moyens cohérents avec la fin


La recherche de la vérité sur le chemin de la non-violence exige de mettreen œuvre des moyens d’action qui soient en cohérence avec la fin poursuivie. « La fin, dit la sottise des nations, justifie les moyens » et cela signifie que la fin justifie tous les moyens. En réalité, le moyen de la violence, fut-il employé pour atteindre une fin juste, contient en lui-même une part irréductible d’injustice qui se retrouve à la fin. Si le choix des moyens est second par rapport à la fin recherchée, il n’est pas secondaire ; il est au contraire primordial pour atteindre effectivement la fin poursuivie. On ne récolte, en définitive, que ce que l’on a semé, et qui sème la violence récolte la mort.

Non seulement les moyens de la violence pervertissent la fin, mais ils se substituent à elle. L’homme qui choisit la violence délaisse la fin qu’il avait d’abord invoquée pour aller livrer bataille et ne s’en préoccupe plus car le moyen l’occupe entièrement. Certes, il évoquera encore la fin dans sa propagande, mais ce ne sera que pour justifier le moyen. Ainsi, le moyen n’est plus au service de la fin, mais c’est la fin qui est mise au service du moyen. « C’est ce renversement du rapport entre le moyen et la fin, écrit Simone Weil, c’est cette folie fondamentale qui rend compte de tout ce qu’il y a d’insensé et de sanglant tout au long de l’histoire 6 . »

Lorsqu’on parle de « non-violence », il importe d’introduireet de maintenir une distinction fondamentale entre l’exigence philosophique de non-violence et la stratégie de l’action non-violente. Faute de quoi tous les discours s’embrouillent. L’une et l’autre se situent sur des registres différents qu’il importe de distinguer, non pas pour les séparer, mais pour ne pas les confondre. En tant que principe philosophique, la non-violence est une requête de sens, en tant que méthode d’action, elle est une recherche d’efficacité. Le génie de Gandhi, c’est d’avoir réconcilié l’exigence éthique etle réalisme politique. D’avoir réuni la « morale de conviction » avec la « morale de responsabilité ».

 

La non-violence réhabilite le conflit, la lutte et la force


Certaines spiritualités discréditent le conflit sous prétexte qu’il serait un facteur de division. La non-violence, elle, entend réhabiliter le conflit. Ce qui divise les hommes, ce n’est pas le conflit, mais l’injustice. La fonction du conflit est de créer les conditions de la justice qui seule peut réunir les hommes. De même, la non-violence réhabilite la lutte dont la fonction est de créer les conditions du dialogue en établissant un nouveau rapport de force.

Toute lutte est une épreuve de force. Dans un contexte social, économique ou politique déterminé, toute relation aux autres s’inscrit dans un rapport de force. L’injustice résulte du déséquilibre des forces par lequel les plus faibles sont dominés et opprimés par les plus forts. La lutte a pour fonction de créer un nouveau rapport de forces afin d’établir un équilibre, en sorte que les droits de chacun soient respectés. Dès lors, agir pour la justice, c’est rétablir l’équilibre des forces et cela n’est possible qu’en exerçant une force qui impose une limite à la force qui introduit le déséquilibre.

Il n’est possible de discréditer la violence que si l’on a d’abord réhabilité la force en lui donnant toute sa place et en lui reconnaissant toute sa légitimité. Il est aussi essentiel de récuser en même temps le prétendu réalisme qui justifie la violence comme étant le fondement même de l’action et le prétendu spiritualisme qui refuse de reconnaître la force comme étant inhérente à l’action. Et la force n’existant que par l’action, il n’est possible de dénoncer et de combattre la violence qu’en proposant une méthode d’action qui ne doive rien à la violence meurtrière, mais qui soit capable d’établir des rapports de forces qui garantissent le droit.


Le principe de non-coopération


Le principe essentiel de la stratégie de l’action non-violente est celui de non-coopération. Il repose sur l’analyse suivante : dans une société, ce qui fait la force des injustices du désordre établi, c’est la complicité, c’est-àdire la coopération passive, volontaire ou forcée de la majorité silencieuse des citoyens. La résistance non-violente vise à rompre cette complicité par l’organisation d’actions collectives de non-coopération avec les institutions, les lois, les idéologies, les régimes, les États qui portent atteinte aux libertés et aux droits de l’être humain. L’objectif à atteindre est de paralyser les rouages essentiels des divers mécanismes d’exploitation ou d’oppression afin de rétablir l’État de droit.

En réalité, face à l’injustice, les hommes sont beaucoup plus tentés de se résigner à la collaboration que de recourir à la violence. Le mot de collaboration évoque généralement l’attitude de ceux qui pactisent avec l’ennemi, mais il convient de lui donner une acception beaucoup plus large : la collaboration est l’attitude de tous ceux qui pactisent avec l’injustice du désordre établi. Aussi ne convient-il pas tant d’opposer la non-violence à la violence d’une minorité, que d’opposer la nonviolence à la collaboration de la majorité.

 

La désobéissance civile


Dans un premier temps, la non-coopération des citoyens peut s’organiser dans le cadre même de la légalité. Il s’agit d’épuiser toutes les possibilités qu’offrent les moyens légaux dans le fonctionnement normal des institutions démocratiques de la société. Mais lorsque celle-ci n’offre plus de moyens permettant de combattre efficacement l’injustice, alors la résistance non-violente n’hésite pas à s’engager dans des actions de désobéissance civile.

Selon Gandhi, la démocratie n’est pas fondée sur l’obéissance du citoyen, mais sur sa responsabilité. « La loi de la majorité, affirme-t-il, n’a rien à dire là où la conscience doit se prononcer 7 . » Légalité ne vaut pas légitimité. « La désobéissance civile, précise-t-il, est le droit imprescriptible de tout citoyen. Il ne saurait y renoncer sans cesser d’être un homme. (…) Ce serait vouloir emprisonner la conscience que de faire cesser la désobéissance civile 8 . »


Faire face à la répression


Toute action directe non-violente est un défi aux pouvoirs établis. De ce fait, elle conduit le plus souvent à un affrontement avec le pouvoir de l’État. Et il est dans la logique de ce pouvoir, dès lors qu’il se trouve contesté, dese défendre par les moyens qui lui sont propres, c’està-dire les moyens de contrainte que lui offre la loi pour sanctionner les citoyens récalcitrants. Et chaque fois qu’il l’estimera nécessaire, il n’hésitera pas à recourir à la violence pour rétablir « l’ordre ». Contrairement aux idées reçues, un mouvement non-violent est probablement mieux « armé » qu’un mouvement violent pour affronter cette répression. 

Lorsque des citoyens recourent aux armes de la violence, ils viennent d’emblée se situer sur un terrain où les agents de l’État sont les plus et les mieux armés. De ce fait, les citoyens risquent fort d’être incapables d’établir un rapport de forces en leur faveur et de subir impuissants les coups de la répression de l’État.

Recourir à la violence, c’est offrir à ses adversaires les arguments dont ils ont besoin pour justifier leur propre violence. La violence permet aux pouvoirs établis de « criminaliser » la protestation citoyenne. Ceux qui utilisent la violence sont acculés à une position défensive qui les oblige à se justifier devant l’opinion publique qui leur demande des comptes. Or, la répression mise en œuvrecontre des acteurs non-violents qui défendent une cause juste par des moyens justes apparaît dans toute sa brutalité et reste sans justification. Elle a toute chance de discréditer auprès de l’opinion publique ceux qui l’exercent et de renforcer l’audience de ceux qui la subissent. Le recours aux méthodes de l’action non-violente opère un renversement des rôles : cette fois, ce sont les pouvoirs publics qui sont acculés à une position défensive : ce sont eux qui doivent justifier leur violence.

La répression s’inscrit ainsi dans la logique du développement d’une campagne d’action non-violente. Il faut donc compter avec elle et se préparer à l’affronter. Le déclenchement de la répression — et celle-ci peut être des plus brutales — ne signifie pas l’échec de la non-violence. Un mouvement de résistance non-violente doit estimer le plus exactement possible à quelles mesures de répression il s’expose en agissant. La prudence lui commande de ne pas encourir des risques inconsidérés et de ne provoquer que la répression qu’il peut assumer. Il lui faut garder l’initiative en choisissant en quelque sorte la répression qu’il devra affronter. Le mouvement doit être capable de subir les coups de la répression sans en être détruit. Comme dans un combat au corps à corps, l’essentiel pour un mouvement non-violent est de ne pas être déséquilibré par les mauvais coups de l’adversaire, de les esquiver, d’être en mesure de les parer et, le cas échéant, de savoir les « encaisser » tout en restant capable de reprendre l’offensive.

 

Enraciner la non-violence dans un « milieu humain »


L’humanité ne parviendra certainement pas à relever les défis auxquels elle se trouve confrontée aujourd’hui si elle ne rejoint pas les intuitions de Gandhi. Il nous invite à revisiter les héritages de nos traditions historiques — aussi bien philosophiques, religieuses que politiques —, et à prendre conscience de toutes les complicités que nos cultures ont entretenues avec l’empire de la violence. Nous pourrons alors mesurer l’urgence qu’il y a à développer une véritable culture de la non-violence. Ce qui menace la paix, partout dans le monde et dans chacune de nos sociétés, ce sont les idéologies fondées sur la discrimination et l’exclusion — qu’il s’agisse du nationalisme, du racisme, de la xénophobie, de l’intégrisme religieux ou de toute doctrine économique fondée sur la seule recherche du profit — et qui toutes ont partie liée avec l’idéologie de la violence. Ce qui menace la paix, en définitive, ce ne sont pas les conflits, mais l’idéologie qui fait croire aux hommes que la violence est le seul moyen de résoudre les conflits. C’est cette idéologie qui enseigne le mépris de l’autre, la haine de l’ennemi ; c’est elle qui arme les sentiments, les désirs, les intelligences et les bras. C’est elle qui instrumentalise l’homme en faisant de lui l’instrument du meurtre.

Pour que la non-violence puisse faire valoir toutes ses potentialités, il faut qu’elle puisse s’enraciner dans ce que Simone Weil appelle un « milieu humain », c’est-à-dire une communauté, une société dont les membres, du moins une forte minorité sinon la majorité d’entre eux, partagent les mêmes valeurs et les mêmes convictions. Dès lors, la tâche la plus urgente, dans chacune de nos sociétés, est de créer un tel milieu humain qui favorise la culture de la non-violence.


1) The Collected Works of Mahatma Gandhi, Ahmedabad, The Publications Division, Ministry of Information and Broadcasting, Government of India, 1971, Vol. 18, pp. 132-133.

2) Young India, 1919-1922, Madras, S. Ganesan Publisher, 1924, p. 286.

3) The Collected Works of Mahatma Gandhi, , op.cit., Vol. 18, p. 265.

4) Ibid.,Vol. 44, p. 59.

5) Ibid., p. 90.

6) Simone Weil, Oppression et liberté, Gallimard, 1955, p. 95.

7) Gandhi, Tous les hommes sont frères, Paris, Gallimard, 1969, p. 247.

8) Ibid., pp. 235-236.


Article écrit par Jean-Marie Muller.

Article paru dans le numéro 169 d’Alternatives non-violentes.