Comment et pourquoi la non-violence en Corse ?

Auteur

Jean-François Bernardini

Année de publication

2014

Cet article est paru dans

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Parler publiquement de non-violence en Corse semblait impensable il y a quelques temps à peine. Elle est cependant solidement enracinée maintenant en Corse, avec la vigueur des jeunes pousses qui annoncent déjà une récolte sans nulle autre pareille. Non sans labeur et détermination.

En avril 2011 la Fondation de Corse a lancé son programme « diventemu artigiani di a no-viulenza (devenir artisans de la non-violence)». Pour la publication de cet appel, nous avons beaucoup douté, pensé et réfléchi. Dans nos esprits, cela semblait nous exposer à deux écueils.

D’une part, faire sourire la médiasphère : des Corses qui parlent de non-violence, on aura tout vu ! — une opinion largement dubitativesur les vertus du cancre insulaire. D’autre part, voir se détourner le regard des Corses excédés par des années de désordres, ou par ailleurs se demandant : la non-violence n’est-ce pas être lâche et renoncer au combat ?

À vrai dire, c’est dans une apparente indifférence que ce programme fut accueilli.

Seul commentaire d’un journaliste local : « Qui donnera désormais des gifles aux enfants ? »

 

Le temps de la formation


Le 6 juin 2011 nous accueillions en Corse François Lhopiteau et Annie Déan, pour une première série de journées d’initiation en collèges et lycées auxquelles des chefs d’établissements audacieux avaient adhéré.

Après nous avoir rencontrés, le recteur de l’Académie de Corse avait adressé une lettre aux chefs d’établissement de l’île les invitant à accorder le meilleur écho à ces journées découverte de la non-violence 1 .

La première se déroula au collège de Fulelli en Haute-Corse. Le soir même, je m’empressais de joindre par téléphone deux des enseignantes ayant participé. Ce fut une immense joie pour moi de partager leur enthousiasme : « Nous sortons transformés de cette expérience. » La graine était semée.

En novembre 2011, nous organisions une conférence-rencontre sur le thème « La non-violence ça s’apprend ? » François Lhopiteau y était convié, et un premier cercle citoyen nous accueillait à Bastia, Aiacciu et Corti.

Début 2012, de multiples et nouvelles journées de formation allaient se dérouler 2 . Des petits pas, mais les citoyens de Corse, juniors et adultes, nous disaient ainsi que cette nourriture-là était bonne.

Si ce peuple « génétiquement violent » a faim de non-violence, si ça marche avec le cas le plus « malade », c’est peut-être que le médicament est indéniablement bon ? C’était pour nous un encouragement, une résilience, après avoir tant de fois entendu de la bouche d’adolescents : « Ils ne peuvent pas nous voir » Qui donc ? « Les médias, les Français, les autres. » Propos vertigineux qui interpellent chacun de nous. Comment pourraitil en être autrement pour les enfants d’un couple France-Corse qui s’entredéchire autour de tant de sujets ?

Les 7 et 8 juillet 2012, nous organisions à Siscu notre première Université de la non-violence. Près d’une centaine de personnes allaient nous y rejoindre, dont quelques jeunes Basques. François Vaillant venait pour la première fois dans l’île à cette occasion.

Rentrant chez moi le soir, je relisais un mot anonyme à notre intention. Écrit à la main , il demandait : « Qui vous finance ? » Pour la Fondation de Corse (Afc Umani) qui œuvre dans la totale transparence, voilà une belle occasion de répondre : « C’est le peuple, un peuple nouveau qui choisit de se payer “le luxe” de formations en non-violence. » Un mot me disais-je, symptôme malheureux des maladies auto-immunitaires dont la particularité est de s’attaquer aux cellules en bonne santé.

En octobre 2012 nous faisions l’acquisition du Parcours-expo 4 La non-violence, une force pour agir,conçu par nos amis du Man. Élisabeth Maheu animait à IsulaRossa une première formation d’animateurs locaux.

En chacune de ces occasions, nous apprécions à leur juste valeur les qualités de cœur et les compétences professionnelles de celles et ceux qui à l’Ifman et au Man partagent avec nous cette merveilleuse aventure.

Depuis, la dynamique n’a cessé de croître. Nous avons dû acquérir un deuxième exemplaire du Parcoursexpo pour répondre à la demande des collèges et lycées.

Quelque temps après, nous organisions en Vendée deux journées d’initiation à la non- violence. À Ajaccio, Marseille, Pau, Sartène, je rencontrais avec bonheur des jeunes au sujet de non-violence.

Parallèlement, dans mon activité artistique au sein d’I Muvrini, j’ai écrit une chanson dédiée à la nonviolence : « Hazia » (graine, en langue basque). Lors d’une tournée en Allemagne, je me souviens encore des réactions à l’évocation de la non-violence. À Erfurt, Berlin ou à Hamburg, j’ai en mémoire le public debout applaudissant des mains et des pieds, des minutes durant, pour acclamer cette bonne nouvelle qui résonnait très fort dans les esprits.

Le 15 mai 2013 à Paris — salle de La Mutualité, le premier NV-Day — journée porte ouverte à la non-violence — était l’occasion de sceller un merveilleux pacte d’intelligence et de fraternité autour de nos amis de la fondation Non-Violence XXI. Des Basques, des Africains, des frères de banlieue, Jean-Marie Muller,François Marchand, Christiane Hessel, Stéphane Descaves et d’autres étaient là.

Aux lendemains de cette manifestation parisienne, je recevais un message me disant : « À entendre les vérités que j’ai pu découvrir sur les réalités de votre île lors de ce NV-Day, j’ai aujourd’hui honte de ce que j’ai toujours pu penser sur la Corse et les Corses » !

Ce jour-là, mieux que jamais, j’ai compris combien des citoyens de France ne souhaitent plus enfermer la Corse et les Corses dans le rôle du cancre de la République, malfaiteur, xénophobe. J’ai également compris combien les citoyens corses ne souhaitent pas voir les continentaux et les autres dans le rôle de l’ennemi, mais bien plus comme alliés dans le même combat pour ce qui est digne et défendable, ensemble et partout sur la planète.

En fait, dès que la vérité est dite « haut et fort », dès que les points de repère et la noblesse retrouvent leur place, c’est un peu comme si des forces se libéraient ouvrant tant de perspectives. Un soulagement par la vérité.

Le 14 juin 2013, l’Europe était au rendez-vous de la non-violence en Corse ! Avec le Conseil économique social européen (Cese), nous organisions à Bastia un colloque qui était difficile à imaginer il y a seulement quelques mois : « La non-violence, une voie pour le XXIe siècle. »Ce jour-là étaient présents dans l’ile, le président du Cese, Henri Malosse, des Irlandais, des Italiens luttant contre la mafia, un représentant du Dalaï Lama…, des élus de Corse, François Vaillant, des représentants de la société civile…, et Edmond Siméoni. Chacun mesurera à sa manière l’importance symbolique d’une telle rencontre sur le sol corse.

La deuxième Università d’estate di a Nò-viulenza se déroula le 13 juillet 2013 à Aléria, lieu symbolique. Le cercle grandissait encore.

À ce jour, plus de 160 journées (formations, initiations, rencontres) ont été organisées par la Fondation de Corse. Elles ont touché 2 560 personnes, soit 1 % de la population dans l’île.

Le 16 octobre 2013 avec nos amis de l’Ifman, nous entamions en Corse la première « formation de formateurs » en régulation non-violente des conflits. Cette première promotion de formateurs corses, quinze hommes et femmes, est en route 5 . C’est une nouvelle étape, hautement symbolique.

Ces « victoires » si improbables il y a quelques temps à peine, sont tellement précieuses à nos yeux ! Mieux que jamais, je réalise combien la non-violence est en adéquation avec u stintu (l’instinct, l’esprit, l’âme) de la terre corse. Combien elle est en profonde résonance avec les valeurs les plus sacrées de cette culture, au pays des paceri (faiseurs de paix).

 

Le temps de la mémoire


Hé megliu à more ch’è tumbà (mieux vaut mourir que tuer), une évidence que j’ai entendue des centaines de fois dans mon enfance. Le philosophe Jean-Marie Muller s’étonnait de cette règle de vie nommée avec autant de naturel dans le langage populaire. 

Oui, la nourriture spirituelle et matricielle du monde paysan corse a été essentiellement une intelligence pour protéger la vie. Dans mon village, je n’ai jamais vu deux adultes se battre durant toute mon enfance. C’est un peu comme si les paysans du monde n’avaient qu’un seul souci : préserver la vie, la terre qui les fait vivre.

C’est sur ces fondements-là qu’est ancrée la performance d’avoir sauvegardé ce tissu social pendant deux siècles, sous bien des menaces, bien des humiliations. La seule Université de l’île, à Corti, fut fermée deux siècles durant, de 1769 à 1981 !

Une langue qui fut proscrite, tel un véritable « meurtre de l’âme », un crime de l’esprit. Chacun sait aujourd’hui que la fin de l’hostilité à une langue ne signifie pas la fin des conséquences de l’hostilité.

Des cercles de jeux que l’on offrit en remerciement, en « dessert », pour récompenser la Corse de ses valeureux résistants qui firent de l’ile le premier département libéré de France en octobre 1943 ! Une manière comme une autre, élégante certes, de remettre les Corses à leur place. Qui sait combien de meurtres récents sont directement liés à la mainmise de bandes rivales sur les cercles de jeux, Cercle Wagram à Paris — et aussi probablement ailleurs ?

La performance sociale d’avoir su intégrer 20 000 pieds-noirs en 1962, sans « une guerre civile ». Michel Rocard, quand il fut Premier ministre le précisait en 1989 dans une intervention devant l’Assemblée nationale. Quelle force d’accueil en Corse ! Quelle identité solide ! Quelle belle intelligence du vivre ensemble. Quel hymne aux racines ! Cette capacité d’ouvrir les bras et de créer, envers et contre tout, des liens humains magnifiques. Effectivement, plus on a de racines, moins on a peur, moins on est raciste.

C’est donc à un nouveau regard, une nouvelle lecture que nous invite la non-violence. De ce point de vue, les événements d’Aléria en 1975 portaient en eux la même vérité, la même justice, la même indignation, le même courage que le Larzac, à un détail prés. En Corse, il n’y a pas eu de tiers ; il n’y a pas eu un Lanza del Vasto 6 . Des paysans, des militants, ont dit à l’État français : « Nous sommes victimes d’injustice, nous ne laisserons pas faire, nous choisissons l’action non-violente dont Lanza del Vasto nous a montré le chemin 7 . »

À Aléria, en 1975, dans le contexte corse, au lieu du message initial, on a voulu entendre : « Nous sommes dangereux ! » La réponse de l’État a été claire : « Nous sommes plus dangereux que vous ! » C’est ainsi que le doigt a été mis dans l’engrenage. La juste colère, le juste courage ont été détournés. Des armes n’étaient pas loin. Les « indignés » de l’époque, qui se dressaient face à l’injustice, se sont retrouvés piégés, enfermés, dans le costume médiatique de la prise d’otage, et du terrorisme. La diabolisation et l’isolement de la Corse allaient suivre.

 

Le temps du courage


Aujourd’hui, avec la non-violence, avec la vérité qu’elle exige, avec ce refus déterminé de tomber dans le piège d’une violence suicidaire, c’est comme si la Corse pourra demain « entrer dans toutes les maisons d’Europe, et du monde ». Quelle crédibilité invincible 8 !

C’est à un renversement total de la pensée que nous invite la non-violence. La Corse vit aujourd’hui avec les conséquences d’une vision archaïque. La présumée coupable pourra enfin plaider sa cause, désigner les vrais problèmes. Le rôle du malfaiteur invétéré deviendra moins crédible, moins automatique, moins probable. Le cancre pourrait témoigner, contourner ce cynisme qui inflige à la Corse « ils ne sont pas comme nous…, qu’ils se calment…, toi je te connais ».

Cette identité « peaux-rouges » qui passe par chacun de nous, y compris par les Corses eux-mêmes, dont l’auto-image est désastreusement négative sous l’effet des stéréotypes appliqués. « Tel que tu me regardes, je finis par me voir et me comporter.» Ainsi, celui qui souffre est de surcroît coupable, humilié, ridiculisé et privé de toute défense, de toute légitime recherche de vérité.

Une Corse qui cesse de faire peur, et qui tout à coup nourrit un mouvement pionnier et libérateur pour nous tous, pour les mal informés et même les mal intentionnés.

Une Corse qui arrête de se laisser déformer par le « colonisme », cette énergie craintive de la lumière.

Une Corse qui comprend le piège de la violence et veut alerter, équiper chaque citoyen, chacun de ses enfants.

Une Corse qui élève sa voix en dignité, et dont le message et la sincérité deviennent irréfutables.

À la fin d’un récent concert d’I Muvrini, un spectateur stupéfait par le sillon inattendu que seule la culture ouvre dans les cœurs et les consciences, fit la remarque : « Mais comment se fait-il que les Corses n’évoquent jamais la mort du préfet Érignac ? » Quel gouffre abyssal, quel malentendu, tellement compréhensible : être si près et se connaître si peu ! Qu’en pensent donc ces mêmes Corses qui, au lendemain de l’assassinat du préfet Érignac, défilaient silencieusement dans les rues d’Ajaccio à plus de 40 000 personnes ?

L’opinion française et internationale saura-t-elle un jour ce que ressent profondément l’immense majorité des Corses — et je suis de ceux-là — chaque fois qu’à Ajaccio ils passent respectueusement rue Colonel Colonna d’Ornano, là où le préfet Érignac a été abattu ? Ce qu’ils éprouvent dans la même dignité quand ils passent rue Fesch, boulevard Lantivy ou ailleurs, à Corti, à Bastia…, là où d’autres vies ont été arrachées. Le deuil reste entier, indivisible. Saura-t-on jamais combien ces citoyens-là se reconnaissent dans la pensée de Simone Weil : « Je suis moins meurtrie par les blessures infligées à mon pays, que par celles que mon pays fait subir à d’autres. »

Je me dis quelquefois qu’il faudrait interdire l’expression « les Corses ». Dès qu’elle est énoncée, elle semble refuser tout espoir. Sans doute me dira-t-on à juste titre, faudrait-il également interdire« les Africains, les Juifs, les Roms, les banlieues… » ?

Oui, dans sa marche non-violente la Corse trouvera des alliés, des compagnons de route. Elle rendra révolue l’ère des Baccalà pè Corsica 9 de la politique et de l’économie, comme celle d’une récente centrale au fuel — modèle énergétique archaïque que l’on vend encore aux retardataires des défis énergétiques, aux derniers de la classe planétaire. Et dire que les villes d’Ajaccio et Bastia s’inscriront bientôt au registre des villes dont la qualité de l’air est parmi les plus polluées de France !

Oui, le temps est venu d’un autre regard. Un regard qui renouvelle la Corse comme il renouvelle la France. Oui, l’outil de la non-violence invite chacun à la responsabilité. En Corse comme partout, les armes sont un mensonge : elles prétendent libérer mais ne libèrent pas. La non-violence n’est pas non plus la lâcheté : ce n’est pas renoncer à se battre mais se battre cent fois mieux.

Sous la charge des raclées médiatiques régulières, qui a osé et qui oserait « faire tiers » aujourd’hui dans la question corse ? Qui ose douter, interroger une propagande réussie, une pensée pauvre? Qui ose radiographier les réalités qui s’entremêlent, pour y interposer quelques gouttes d’intelligence, d’analyse, de bienveillance ?

Qui oserait aujourd’hui, en quelque média que ce soit, hormis en matière de beaux paysages, écrire quelque chose de positif sur la réalité de la Corse ?

La Corse n’est-elle pas un peu dans la situation d’une femme violée à qui l’on rabâche constamment : « Mais de quoi te plains-tu ? On te paie un appartement, une pension alimentaire…, sois belle et tais-toi ! » Le phénomène est notoire, récurrent. C’est comme si ce construit, ce regard sur la Corse, étaient devenus indispensables. Apparemment, il faudrait les maintenir, les défendreà tout prix ! Pour quelle raison ?

Toute parole sincère et non conforme est confrontée à cette arrogance. Confrontée à une lecture névrosée de la réalité insulaire qui dédouane, qui n’explique rien et rassure d’autant plus. Surtout ne pas ébranler les fausses certitudes : juger la Corse pour ne pas être soi-même jugé.

Il serait intéressant de décrypter ce qu’il y a de paranoïde dans ces situations. Il est vrai que le travail historique, sociologique et psychanalytique nous manque profondément dans cette perspective.

C’est cela qui me venait à l’esprit après avoir participé à une récente émission télévisuelle où il était question de l’île sur fond de criminalité 10 . Voyant le chroniqueur cramponné à ses certitudes, défendant bec et ongles « sa Corse », j’ai cherché par la suite à comprendre ce qui, à ce point, le mettait hors de lui.

Les quelques bribes de vérité que je tentais d’énoncer, invitant à une autre lecture, lui étaient insupportables. Un peu comme si sa vérité ne tenait que par une mauvaise conscience ou un mensonge par omission. Que s’acharne-t-on à défendre de la sorte ? Quel est le mobile psychologique ? Et si le temps était venu de questionner la réalité corse, de formuler une vérité un peu plus complexe que la rengaine des poncifs. Rosa Luxemburg disait : « L’acte le plus révolutionnaire est de dire haut et fort ce qui est. »

Cela serait résilient des deux côtés de ce « Mur de Berlin », et devrait peut-être commencer par une cure de désintoxication, un jeûne des bêtises sur la Corse. Un vrai chantier en nous-mêmes et pour nousmêmes, pour les déboulonneurs de préjugés et tous les chercheurs de justice.

Parler publiquement de non-violence en Corse semblait impensable il y a quelques temps à peine. Là est la première et précieuse étape, dont ce numéro de la revue Alternatives Non-Violentes est la plus belle illustration.

Le mérite de cette première étape n’est-il pas de nous inviter à prendre conscience de l’énormité de l’ignorance et de la méprise, mais aussi des merveilleuses chances d’une désobéissance, d’une résilience, d’une métamorphose constructives.


1) Voir cette lettre à la p. 9 d’ANV.

2) Ces formations ont principalement été réalisées par des intervenants de l’Ifman (Institut de formation du Mouvement pour une alternative non-violente. Site : www.ifman.fr/. Sont ainsi intervenus en 2012 : Fabienne Bony, Martine Bodinier et Guillaume Tixier. Interviennent en 2013 : Martine Bodinier, Annie Déan, Stéphane Descaves, Élisabeth Maheu.

3) Les 3 500 adhérents, donateurs ou amis à la Fondation de Corse.

4) Mouvement pour une alternative non-violente. Site : nonviolence.fr/

5) Cette formation de formateurs corses est programmée sur seize journées, organisées par modules de quatre jours consécutifs, répartis sur 2013-2014, avec comme intervenants : Annie Déan, Guillaume Tixier, Geneviève Fabre et Johann Lachèvre. Cette formation de formateurs induit que la Corse n’aura bientôt plus besoin de faire venir du continent des formateurs de l’Ifman, sauf peut-être à quelques rares exceptions près.

6) Lanza del Vasto, disciple de Gandhi qu’il rencontra en Inde, a fondé les communautés non-violentes de l’Arche (site : www.arche-nonviolence.eu). Au début de la lutte du Larzac, en 1972, il a convaincu les paysans, prêts à se munir de leurs fusils pour défendre leurs terres, que toute présence d’armes était une erreur fatale pour leur combat. Alors âgé de 71 ans, il leur offrit 20 jours de jeûne dans l’église de La Cavalerie pour lutter à leurs côtés, changer de stratégie et préparer une victoire historique.

7) Pour approfondir le combat des paysans du Larzac, voir : Christiane Burguière, Gardarem ! Chronique du Larzac en lutte, Toulouse, Éd. Privat, 2011, 404 p.

8) De Stéphane Hessel, évoquant la force de la non-violence : « Une résistance qui se refuse a elle-même la violence, mais qui ne recule pas devant les risques que lui fait courir celle des autres, est une résistance forte d’un plus haut degré d’efficacité morale mais aussi et surtout politique. »

9) Traduire par « de la morue pour la Corse », expression populaire indiquant cette nourriture de piètre qualité, la morue, que l’on réservait naguère aux indigents.

10) Émission de Zemmour et Naulleau du 13 janvier 2013 sur M6 : http://www.youtube.com/watch?v=lWlGfyhB98E


Article écrit par Jean-François Bernardini.

Article paru dans le numéro 169 d’Alternatives non-violentes.