Auteur

Hans Schwab

Année de publication

2014

Cet article est paru dans

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Après la mort de Tolstoï, Romain Rolland publie en 1911 le livre Vie de Tolstoï dans lequel l’écrivain analyse différents aspects de la pensée et de la vie de Tolstoï : Qu’est-ce qu’un esprit libre ? Comment peut-on l’acquérir ? Romain Rolland trouve les réponses dans la non-coopération, conceptualisée par Tolstoï et exercée par Gandhi.

L’écrivain Romain Rolland a publié un livre, Vie de Tolstoï, après la mort de celui-ci, puis un autre consacré au Mahatma Gandhi. Pourquoi ces deux ouvrages eurent-ils tant de succès ? Parce qu’ils révèlent à leurs lecteurs ce que signifie « être libre », visée première de la non-violence.

 

L’influence de Romain Rolland (1866-1944) sur sa génération et sur le XXe siècle est encore trop peu étudiée. Cet écrivain, prix Nobel en 1916, a joué un formidable rôle de révélateur et multiplicateur. Extrêmement sensible à tout ce qui touche à la justice et à la liberté, il enregistre tel un sismographe les mouvements et les tremblements sous la croûte sociale durcie par les structures de domination et d’inertie. Ces articles et notamment ces « Vies d’hommes illustres » font office de loupes qui mettent en valeur des indices d’espoir et fonctionnent comme des torches dont le faisceau lumineux éclairent le chemin dans un présent obscur. Le jeune écrivain Jean-Richard Bloch 1, témoin de sa génération, après avoir lu La vie de Tolstoï, écrit en 1911 :

« Votre livre m’a fait comprendre que Tolstoï est le premier, du moins le plus puissant des apôtres qui ont parlé en homme moderne aux souffrances du monde moderne. Depuis deux cents ans qu’il existe un prolétariat d’hommes réputés libres, c’est la première fois qu’un homme s’est soucié des conditions nécessaires pour remettre un peu de bonté, d’équité, de “suffisance” dans ce monde. C’est en ce sens que votre livre est un événement pour nos consciences2. »

Vingt-cinq ans plutôt le très jeune Romain Rolland — à une époque de sa vie « de désagrégation morbide des éléments de la personnalité, qui opère sa mue, dans une fièvre de dégoût de vivre et d’angoisse avide 3 » — avait ressenti lors de la lecture de Tolstoï « une émotion profonde de cette chaude humanité, dont le regard lucide, avec une sincérité sans égale pénétrait l’être de tous les vivants ». À la recherche d’un directeur moral, il lui écrit en 1887. Il a 20 ans. Tolstoï, qui en a presque 60, répond par une longue lettre rédigée en français : « Cher frère ! J’ai reçu votre première lettre. Elle m’a touché le cœur. Je l’ai lue les larmes aux yeux 4. » Ici s’arrête ce qui pourrait être interprété comme une sentimentalité larmoyante d’un homme vieillissant. Avec une indulgence grand-paternelle il répond patiemment à ses questions : « Pourquoi le travail manuel s’impose à nous comme l’une des conditions essentielles du vrai bonheur ? Faut-il se priver volontairement de l’activité intellectuelle des sciences et des arts qui vous paraissent incompatibles avec le travail manuel ?» Rolland restera fidèle à cet homme d’une authenticité particulière, fidèle mais pas naïvement crédule.

 

L’esprit libre

Ce qui l’unit à son aîné, c’est l’exigence de liberté d’esprit. Il écrit en 1917 :

« Ce qui est aujourd’hui plus rare que l’héroïsme, plus rare que la beauté, plus rare que la sainteté, c’est une conscience libre. Libre de toute contrainte, libre de tout préjugé, libre de toute idole, de tout dogme de classe, de caste, de nation, de toute religion. Une âme qui ait le courage et la sincérité de regarder avec ses yeux, d’aimer avec son cœur, de juger avec sa raison, de n’être pas une ombre — d’être un homme. Cet exemple, Tolstoï le donna, au suprême degré. Il fut libre 6. »

Cette liberté ne va pas sans la suprématie de la Raison. Et c’est la Raison (c’est Rolland qui écrit la majuscule) qui l’a fait rejeter, entre autres, la foi dans la divinité du Christ, ce qui a entraîné son excommunication.

Selon Rolland, il est et reste « un croyant en la Raison, on pourrait dire un mystique de la Raison7 ». Il démontre « avec quelle passion la raison s’était emparée de Tolstoï 8 » qui le pousse à aimer, à aimer la vie, à aimer les hommes. Dans cet état de passion rationnelle il est confronté à la misère de la grande ville. L’impression produite sur lui est effroyable et provoque, selon Rolland, une crise beaucoup plus tragique que la crise religieuse. Que faire alors ? Il pointe du doigt les responsables : les riches, la vie sans travail, l’État « cette entité meurtrière 9 », l’Église. Rolland résume Tolstoï : « Comment combattre ces armées du mal ? D’abord, en refusant de s’y enrôler. En refusant de participer à l’exploitation. En renonçant à l’argent, à la possession de la terre, en ne servant point l’État 10. » Voilà la non-coopération, même si le terme n’est pas utilisé. Et voilà la non-violence, même si l’expression ne sera inventée par Gandhi que vers 1920 : ne résiste pas au mal par le mal, ne résiste pas à la violence par la violence 11. Réaliser ce programme, c’est provoquer une révolution, mais laquelle ?

 

Le rôle du peuple russe

« Il croit dans la révolution. […] Et quelle heure choisit-il, le voyant prophétique, pour annoncer la nouvelle ère de bonheur et d’amour ? L’heure la plus sombre de la Russie, l’heure des désastres et des hontes. Pouvoir superbe de la foi créatrice! Tout est lumière autour d’elle — jusqu’à la nuit. Tolstoï aperçoit dans la mort les signes du renouvellement — dans les calamités de la guerre de Mandchourie, dans la débâcle des armées russes, dans l’affreuse anarchie et la sanglante lutte de classes. Sa logique de rêve tire de la victoire du Japon cette conclusion étonnante que la Russie doit se désintéresser de toute guerre […] parce qu’elle doit accomplir “la grande révolution” 12. »

 

Pourquoi ce rôle incombe-t-il au peuple russe ? Rolland analyse avec Tolstoï : aucun autre peuple n’est autant conscient de l’injustice qui provient de la monopolisation du sol au profit de quelques riches et de l’esclavage de millions d’hommes qui en résulte. Aucun autre peuple n’est autant pénétré du vrai christianisme qui exige la révolution dans l’union et l’amour.

« Or cette loi d’amour ne peut s’accomplir, si elle ne s’appuie sur la loi de non-résistance au mal. Et cette non-résistance (notons-le bien, nous qui avons le tort d’y voir une utopie particulière à Tolstoï et à quelques rêveurs) est et a toujours été un trait essentiel du peuple russe. […] Au moment où Tolstoï écrivait ces lignes, il était sous l’émotion d’un des plus tragiques exemples de cette non-résistance héroïque d’un peuple — la sanglante manifestation de 22 janvier 1905, à Saint-Pétersbourg, où une foule désarmée, conduite par le pope Gapone, se laissa fusiller, sans un cri de haine, sans un geste pour se défendre 13. »

En historien, Romain Rolland décrit en 1911 les actes de non-coopération et de désobéissance des réfractaires, des Doukhobors (dès 1898), des Géorgiens de la Gourie (vers 1905). Nous trouvons ici les prémisses de l’œuvre de Gandhi qui entra en contact avec Tolstoï en 1909.

 

Souffrance et sacrifice

Romain Rolland fut aussi pour Gandhi un important passeur entre l’Orient et l’Occident. Avec son Mahatma Gandhi 14, publié en 1923 et traduit dans toutes les langues d’Europe, il introduit le terme « non-violence » dans la langue française avec une précision exempte de toute ambiguïté. Dans son livre sur Gandhi on trouve, quant au destin du peuple, une similitude avec Tolstoï. Comme la Russie est « le peuple élu » pour faire progresser la non-résistance au mal par le mal, l’Inde va « apporter au monde la réponse prédestinée que le monde attendait. La réponse, en effet, dépasse infiniment l’Inde. L’Inde seule pouvait la donner. Mais elle consacre autant sa grandeur que son sacrifice. Elle risque d’être sa croix15.» 

 

Je ne suis pas assez compétent pour commenter ce parallélisme entre Tolstoï et Gandhi que Romain Rolland met à jour : « Il semble qu’il faille toujours, pour que le monde se renouvelle, qu’un peuple se sacrifie 16. » Rabindranath Tagore est pour une fois d’accord avec Gandhi (il ne l’est pas quand il s’agit de critiquer la civilisation occidentale) :

 

« J’espère que croîtra, vigoureux, cet esprit de sacrifice, ce consentement à souffrir. C’est la vraie liberté. Nulle valeur n’est plus haute — pas même l’indépendance nationale. L’Occident a sa foi inébranlable en la force et en la richesse matérielle : par conséquent, il aura beau crier pour la paix et le désarmement, sa férocité grondera toujours plus fort. […] Nous dans l’Inde, nous avons à montrer au monde ce que c’est cette vérité qui, non seulement rend possible le désarmement, mais le transmue en force. Le fait que la force morale est une puissance supérieure à la force brutale sera prouvé par le peuple qui est sans armes. […] Si nous pouvons défier les forts, les riches, les armés, en révélant au monde la puissance de l’esprit immortel, tout le château (des brutes matérialistes) s’effondera dans le vide. […] Nous, les gueux déguenillés de l’Orient, nous conquerrons la liberté pour toute l’Humanité 17. »

 

D’après Rolland, Tolstoï, Gandhi et Tagore invoquent le sacrifice et les souffrances volontaires de tout un peuple pour sauver le monde de la barbarie de la violence et de l’oppression. Il m’est difficile d’inscrire ces phrases dans le champ sociologique ou politique, et même si l’on admet — ce qui n’est pas du tout évident — l’hypothèse d’une évolution morale et spirituelle de l’humanité, on pourra certes dire que la souffrance individuelle est inévitable, mais il me semble inconcevable de parler d’un sacrifice collectif voulu par cette collectivité même, appelée le “peuple”. Il ne reste qu’à attribuer cette idée au langage poétique, pour ce qui est de Tagore, sinon à un mysticisme étrange en ce qui concerne les autres — mais serait-ce un service à rendre à la non-violence ? Ou bien s’agit-il simplement d’une métaphore en comparant, implicitement, le « peuple » à un corps social supposé homogène ? La question reste ouverte.

 

Tolstoï et Gandhi

Rolland a été le premier, à ma connaissance, à publier des extraits de la Lettre à un Indien en France. Ils se trouvent dans un long chapitre intitulé La réponse de l’Asie à Tolstoï de la version définitive de sa Vie de Tolstoï (1928). Il y transcrit également la dernière lettre de ce dernier à Gandhi.

Le chapitre commence par l’anecdote suivante :

« À dix-neuf ans, en 1847, le jeune Tolstoï, malade à l’hôpital de Kazan, avait pour voisin de lit un prêtre lama bouddhiste, blessé grièvement à la face par un brigand, et il recevait de lui la première révélation de la loi de Non-Résistance, que le torrent de sa vie devait, trente ans, recouvrir. Soixante ans après, en 1909, le jeune Indien Gandhi recevait des mains de Tolstoï mourant cette sainte lumière, que le vieil apôtre russe avait couvée en lui, réchauffée de son amour, nourrie de sa douleur ; et il en faisait le flambeau qui a illuminé l’Inde : la réverbération en a touché toutes les parties de la terre  18. »

Voilà le lien intime entre Tolstoï et Gandhi selon Rolland : « Sa parole s’est faite acte. » Avec une concision formidable tout est dit.Un peu plus loin, Rolland parle d’un représentant de l’islam, du juriste Abdulla-al-Mamun-Suhrawardi qui, dans un livre du jubilé, en 1908, rend un hommage magnifique à Tolstoï dont les enseignements ne seraient pas opposés à ceux de Mahomet. « Il loue Tolstoï de n’être pas un surhomme, un Übermensch, mais le frère de tous, non pas la lumière de l’Occident ou de l’Orient, mais lumière de Dieu, lumière de tous. Et, dans une lueur prophétique, il annonce que la prédication de Tolstoï pour la non-violence, “mêlée aux enseignements des sages de l’Inde, produira peut-être en notre temps de nouveaux Messies”. » Et Rolland poursuit : « C’était de l’Inde en effet que devait sortir le Verbe agissant, dont Tolstoï fut l’annonciateur 19. » Quelle trouvaille : Gandhi, le Verbe agissant !

Dans Mahatma Gandhi il met en lumière plusieurs fois l’influence de Tolstoï sur Gandhi, par exemple : « […] ce croyant asiatique est nourri de Tolstoï. […] Où la ressemblance des deux hommes s’accuse, où peut-être l’influence de Tolstoï a été la plus réelle, c’est dans la condamnation portée par Gandhi contre la civilisation d’Europe 20. »

 

Moralisme

Si Rolland s’identifie facilement avec l’esprit libre de Tolstoï, il réfute son moralisme. Et si le Tolstoï moraliste sauve toujours la face, à ses yeux, par son art et son humour, les Tolstoïens le rendent furieux. Notamment Boulgakov qui lui avait demandé d’écrire une introduction à son Éthique tostoïenne. Rolland a refusé et il est consterné parce que le grand vieil homme avait cautionné l’ouvrage. « Est-il possible que ce génie que j’ai tant aimé en soit venu à ce point d’intolérance et d’absurdité ; à cette fureur d’obscurantisme ; à cet utilitarisme plat qui fait rejeter la pensée la plus haute, la science la plus désintéressée ? 21 » Quant à l’abîme tout relatif qui sépare la théorie de la pratique de vie du grand Russe, Roland effleure avec beaucoup de délicatesse les circonstances familiales. Mais, selon lui, celles-ci ne sont pas la raison principale de ses tourments et indécisions.

« La vraie cause était en lui. Il s’obstinait à vouloir une vérité, qu’au fond son instinct combattait. Et son instinct n’avait pas tort : car cette vérité était insuffisante, incomplète. L’erreur grave de Tolstoï est de vouloir beaucoup trop simplifier, unifier la nature humaine. En réalité, tout être est plusieurs êtres en un, ou un être sur plusieurs plans simultanés — une polyphonie. […] Il ne faut rien mutiler des grandes forces saines de l’être. Il faut veiller au contraire à leur développement22. »

Douze ans plus tard, après avoir plongé dans l’expérience de Gandhi, il n’hésite pas à comparer les deux hommes. Là où il y a tourment chez l’un, il y a sérénité chez l’autre ; il y a compromis et compromissions à Iasnaïa Poliana, mais il y a rectitude et clarté à l’asram. « Le grand Hindou Mahatma Gandhi, c’est un esprit plus haut encore, plus pur que Tolstoï et dont l’action est immense 23. » En 1921, le poète bengali Rabindranath Tagore séjourne chez Rolland. Les deux prix Nobel discutent de Tolstoï. Le Français note dans son journal : « Je lui demande s’il est vrai que Tolstoï est assez connu et lu dans l’Inde. Il dit qu’il croit que oui, mais sa vraie pensée n’est sans doute pas comprise. Gandhi est convaincu qu’il s’en inspire ; mais il se trompe ; sa non-résistance est tout autre que celle de Tolstoï ; il ne peut supporter le côté ascétique, violemment monacal, de sa doctrine 24. »

Et dans son Mahatma Rolland fait sien l’avis de Tagore :

« [Il] montrait combien Gandhi lui était plus proche et lui semblait plus vêtu de lumière — (et j’en juge de même, aujourd’hui que je le connais mieux) — car tout chez Gandhi est nature, simple, modeste et pure ; et la sérénité enveloppe ses combats. Au lieu que chez Tolstoï, tout est révolte orgueilleuse contre l’orgueil, colère contre la colère, passion contre les passions, tout est violence, jusqu’à la non-violence 25. »

 

Être libre

Rolland est un pur homme d’écriture, il n’a pas un comté à gérer et des paysans à commander et les scrupules de grand propriétaire terrien ne le tourmentent pas puisqu’il n’a pas de terres. C’est peut-être pour cette raison qu’il admire son grand aîné, Léon Tolstoï, comte et écrivain de génie, qui a su se libérer des superstitions morales, de la soumission à l’État et à sa complice, l’Église. Tolstoï par son art et aussi par son éthique « ne parle pas aux privilégiés de la pensée, il parle aux hommes ordinaires ; il est notre conscience. Il dit ce que nous pensons tous, âmes moyennes, et ce que nous craignons de lire en nous 26. »

Ce message se résume en ceci : ne résiste pas à la violence par la violence. Ni Rolland ni Tolstoï n’ont expérimenté dans la lutte des stratégies de l’action non-violente. Gandhi l’a fait, lui aussi un homme libre. « Le meilleur hommage que nous puissions rendre à des hommes comme Tolstoï, c’est d’être libres, comme lui 27. »

 

1) Jean-Richard Bloch (1886–1947) fonde en 1923 avec Rolland et Paul Eluard la revue Europe et collabore à l’hebdomadaire communiste Clarté.

2) Jean-Richard Bloch in Europe, « Tolstoï », novembre-décembre 1960, p. 47.

3) Romain Rolland, Monsieur le comte, Albin Michel, 1978, p. 247. Cet ouvrage est un recueil de tous les textes courts de Rolland sur Tolstoï.

4) Ibid., p. 22.

5) Ibid., p. 23.

6) Ibid., p. 122.

7) Roman Rolland, Vie de Tolstoï, Hachette, 9e édition, 1924, p. 89.

8) Ibid., p. 91.

9) Ibid., p. 98.

10) Ibid., p. 99.

11) Ibid., p. 87.

12) Ibid., p. 166.

13) Ibid., p. 167 s.

14) Dernière édition parue chez Stock en 1993.

15) Romain Rolland, Mahatma Gandhi, Stock, 1993, p. 129 s.

16) Ibid., p. 130. Rolland reprend cette analyse dans l’introduction à La jeune Inde, Stock, 1924, p. VIII : « Il ne s’agit de rien moins que de faire surgir un peuple-Christ, qui se sacrifie pour son salut et pour celui de l’humanité. »

17) Cité par Rolland dans Mahatma Gandhi, op. cit., p. 132 s.

18) Romain Rolland, Vie de Tolstoï, Albin Michel, 1978, p. 185 (reprise de l’édition définitive de 1928).

19) Ibid., p. 195.

20) Mahatma Gandhi, op. cit., pp. 32 et 36.

21) Monsieur le comte, op. cit., p. 144.

22) Ibid., p. 134.

23) Ibid., p. 138.

24) Ibid., p. 133.

25) Mahatma Gandhi, op. cit., p. 85.

26) Vie de Tolstoï, Hachette, 1924, p. 203.

27) op. cit.


Article écrit par Hans Schwab.

Article paru dans le numéro 153 d’Alternatives non-violentes.